De notre côté, nous surveillons étroitement le déroulement des travaux. À plusieurs reprises, nous avons décelé des erreurs lors de la réalisation de cette construction. Ceci est en partie dû au fait que les ouvriers ne travaillaient pas avec des plans. Leur faible niveau de scolarisation ne leur permet pas de lire adéquatement les informations s’y trouvant. Par exemple, même le chef maçon n’est pas en mesure d’utiliser efficacement un tel outil de travail. Les instructions sont donc transmises de façon verbale uniquement, ce qui accentue davantage les risques d’erreurs. Il faut donc être vigilant afin que tous les détails de la construction s’articulent selon notre conception.

D’ici la fin de la semaine, les portes intérieures ainsi que les faux plafonds devraient prendre place. Les grands travaux de finition devraient donc être achevés. Ainsi, nous disposerons des 2 dernières semaines afin de réaliser la peinture, d’installer les accessoires et d’aménager le mobilier.

Aller-retour pour Cotonou

Les visites en ville sont pour nous autant pour le travail que pour l’agrément. Depuis notre dernier billet, nous avons fait un troisième aller-retour à Cotonou, afin de régler les derniers dossiers avec l’entrepreneur. Ce dernier voyage nous a donné la chance, ou peut-être la malchance, de faire une nouvelle balade en autobus. Celle-ci fut toutefois plus mouvementée qu’à l’habitude.

Par un heureux hasard, le président de la république, Yayi Boni, inaugurait ce même jour les travaux d’agrandissement de la voie quittant Cotonou en direction du nord. Ainsi, tout le trafic passant sur cette voie était détournée sur d’autres routes. Malheureusement, il n’y a qu’une seule route goudronnée à ce niveau. Notre autobus a donc dû, comme vous pouvez le remarquer sur la photo, prendre ce détour à travers la brousse sur de petits chemins de terre cahoteux où, à tout moment, il fallait céder le passage au trafic détourné.

Une fois en ville, nous en avons profité pour passer un peu de temps avec Brice, un employé de SYTO qui nous a fait visiter le Bénin, et le Togo, les premières semaines. Nous nous sommes vite liés d’amitié avec lui, grâce à sa disponibilité, son entrain et sa bonne humeur. Nous l’avons donc invité pour dîner à la Place du Québec de Cotonou. Ce fut une agréable soirée, mais il n’y avait décidemment rien de québécois là-bas, mis à part l’enseigne annonçant l’inauguration de la Place en 1998 par Pauline Marois, qui était alors Ministre de l’éducation…

La vie à Savalou

De retour à Savalou, notre aventure africaine continue. En visite chez M. Jean, un membre du comité de gestion allant s’occuper du dispensaire, nous avons eu la chance d’apprendre à piler l’igname. Ce plat typique du Bénin est apprécié de tous les Savalois. Dans un grand mortier, le tubercule d’igname pelée et bouilli est pilée à l’aide de gigantesques pilons. À trois, à deux ou seul, la technique consiste à frapper l’igname à répétition jusqu’à l’obtention d’une pâte blanche collante.

Quelques jours plus tard, Jean nous a fait visiter son lieu de travail, où il occupe le poste d’adjoint à l’inspecteur de l’enseignement de Savalou. Comme vous pouvez le constater, le travail ne manque pas, pour lui comme pour son collègue. Remarquez également les tablettes : espérons qu’ils sauront retrouver l’ordre dans ce désordre !

Allez! Court Yovo, court!!!

Durant la dernière semaine, nous avons eu la chance de se faire inviter à jouer un match de soccer. Nous avons accepté volontiers l’invitation, car les Savalois attendaient depuis longtemps ce moment où ils pourraient partager avec nous une joute de leur sport national. Étant plutôt débutant face à ce sport, nous croyions improviser une simple partie amicale.

Par contre, quelques indices nous ont rapidement fait réaliser que le calibre de jeu serait largement supérieur à nos attentes. Tout d’abord, il y a eu une période de réchauffement collectif où tous les joueurs exécutaient les mêmes exercices. Nous avons donc réalisé qu’il y avait alors un certain formalisme à respecter. Ensuite, nous avons aperçu un arbitre entrer sur le terrain. Nous ne pensions pas que sa présence était nécessaire, mais puisqu’il en est ainsi…. Au loin sur le terrain, nous avons remarqué un groupe vêtu d’un uniforme officiel qui se dirigeait vers nous. Et oui, il s’agissait bel et bien de nos adversaires! Toutefois, ce n’est que lorsque nous avons surpris notre gardien de but agenouillé en train de faire une prière que nous avons réellement saisi le sérieux de cette rencontre. À ce moment précis, le PRÉCI avait envie de se précipiter dans un précipice! Mais non, nous avons tout de même eu le courage de les affronter et l’équipe ne s’est pas laissé intimider par eux. Ainsi, le match s’est soldé par un verdict nul. Québec 1 : Bénin 1. Toutefois, il faut avouer que notre équipe était composée en partie d’excellents joueurs béninois qui palliaient à nos lacunes. Ce petit moment sportif fut très amusant et surtout essoufflant. N’est-ce pas Sébastien?

Une latrine pas comme les autres

Puisque l’équipe du PRÉCI 2007 ne recule devant rien (comme nous l’a montré à merveille Sébastien sur la dernière photo!!), nous avons décidé d’enclencher un second projet, complémentaire au dispensaire : une latrine à compost ! Il s’agit donc d’une toilette extérieure annexe au dispensaire dont l’objectif est d’hygiéniser les matières fécales et l’urine dans le but de les valoriser en tant qu’engrais. « Farfelu ! » diront certains… Mais c’est bien ce que font plusieurs citoyens et organisations à travers le monde pour éviter une contamination des eaux et capitaliser sur la valeur fertilisante de cette matière. Première latrine de ce type dans la région du Bénin où nous œuvrons, cette installation sanitaire est le fruit d’une collaboration avec un organisme de promotion de l’assainissement écologique qui se nomme CREPA. En plus de la simple construction, deux séances de formation-sensibilisation sur le principe de l’assainissement écologique seront dispensées aux intervenants impliqués dans le projet du dispensaire. Ainsi, comme c’est toujours le cas dans les projets de développement international, la priorité doit être accordée au long terme, sans quoi l’action initiale remplie de bonne volonté n’atteint que rarement les résultats escomptés.




Jour 1 du projet de latrine à compost : allez, on creuse !


Jour 2 : fabrication du béton de propreté


Jour 5 : encore 10 jours et nous y sommes!

Faune

Dans le but de vous faire découvrir d’autres aspects intéressants et ludiques de ce pays méconnu qu’est le Bénin, nous attirons votre attention sur les espèces animales les plus originales qui se sont introduites dans notre voyage.


Bien qu’ils soient captivants, nous préférons généralement les scorpions à distance de nous !


Format géant, cette sauterelle fait sans doute des bonds au-delà notre taille.


Le génie génétique au Bénin…


Le chasseur et sa victime… ce n’est toujours pas clair s’il s’agissait d’un petit serpent ou une grosse couleuvre.


Au-dessus de notre tête au dîner, les araignées se présentent sous toutes les formes.